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#003 Dimanche soir 7/10/2018

Alors que se termine ma première semaine complète passée au Cambodge, petit regard sur ce qu'elle m'a réservé.

 

Cours de khmer

Cette semaine a d'abord été placée sous le signe du démarrage des cours de khmer. Il s'agit de cours particuliers, et je fais comme tous les confrères ici : j'ai plusieurs professeurs ! Cela permet d'avoir plus d'heures de cours chaque jour, et de progresser plus vite, disent-ils !

 

J'ai donc un premier professeur qui vient à la paroisse trois jours par semaine : le lundi, le mercredi et le vendredi, de 8h00 à 9h30. Lokru(1) Sok a déjà enseigné à plusieurs missionnaires avant moi, et il fait cela depuis plus de 20 ans. Avec lui, j'utilise un livre initialement conçu pour les petits enfants khmers (niveau CP quoi !). Nous allons aussi aborder le texte du Missel et des lectures.

Ma deuxième professeur, Néakru Sreymey, est une jeune professeur de littérature khmère, avec qui j'ai cours tous les jours de 14h à 16h. Nous utilisons un support conçu pour l'apprentissage du khmer par les étrangers. Elle va vite, et je ne sais pas si je vais tenir le rythme, mais on verra. Les éléments me reviennent peu à peu en mémoire, mais c'est vraiment complexe... (voir mon article "La langue khmère")

 

Messes en semaine et le week-end

Ce n'est pas parce que je ne maîtrise pas le khmer que je ne célèbre pas la messe ! Chaque jour, je concélèbre avec le prêtre de la paroisse (le P. Chatsirei ou le P. Charles), ou bien je vais célébrer en anglais dans des communautés religieuses. J'ai pour le moment été "recruté" par les Sœurs Missionnaires de la Charité (fondées par Ste Mère Teresa de Calcutta) pour aller célébrer chaque vendredi matin à 6h30 dans une de leurs communauté dans le centre ville, où elles tiennent un orphelinat et une école maternelle. Pour aller du rez-de-chaussé au 2e étage où se trouve la chapelle, il faut traverser un 1er étage rempli de berceaux ! C'est à la fois très beau et poignant !

 

Les Sœurs Salésiennes de Don Bosco m'ont aussi sollicité en dépannage et j'irai chez elles la semaine prochaine, dans une école professionnelle.

 

Et ce samedi, j'ai célébré en français ! En effet, il y a à la paroisse où je suis la messe pour les francophones, chaque samedi à 17h30 (messe anticipée du dimanche). Le responsable est le P. Bob, un missionnaire québecois, qui ne pouvait pas être là, retenu par son autre mission : supérieur du séminaire. Il était en retraite de rentrée avec les 8 séminaristes du Cambodge.

Vous découvrez ci-dessous en vidéo une petite visite de cette chapelle St Joseph, construite à l'époque où le site était le petit séminaire.

Wat Ounalom

Le Wat Ounalom est une des grandes pagodes de la capitale et en ces jours qui précèdent la grande fête de Pchum Ben, je suis allé faire un petit tour pour voir ce qui s'y passait ! Les gens viennent faire des offrandes, qui ont pour but à la fois de subvenir aux besoins des moines, et d'acquérir des mérites pour améliorer leur karma et espérer une meilleure réincarnation lors de leur prochaine vie. On vient aussi faire des offrandes pour que les âmes errantes des défunts de sa famille, qui reviennent dans le monde des vivants à cette période, puissent trouver leur part de nourriture laissée par leurs proches, et ne pas avoir besoin de les hanter par la suite ! Pour mieux connaître cette fête, très importante pour les Cambodgiens, allez lire ici l'article du Cambodge Mag.

Découvrez ci-dessous quelques images et une vidéo de cette visite.


Messes dominicales

Ainsi samedi en fin d'après-midi je célébrai en français la messe anticipée du dimanche, et le dimanche j'ai concélébré les 2 messes en khmer de la paroisse, à 8h00 et à 16h00. Ces messes sont célébrées dans une grandes salles qui fut, à une époque je crois, un dortoir ! Depuis le retour de l'Église en ces murs, c'est la seule grande pièce qui puisse accueillir tous les fidèles, principalement d'origine vietnamienne, qui vivent dans le quartier ou parfois plus loin.

 

Après la messe de 8h00, pendant que le P. Chatsirei célébrai le baptême de 6 enfants (de quelques mois à 5 ans), les groupes de caté avaient leurs activités. Après les baptêmes, le curé enchaîne avec la réunion du Conseil pastoral paroissial (le 1er dimanche du mois), alors que le groupe des jeunes avait lui aussi une rencontre. Ainsi, dans un pays où la nuit tombe très vite et où il est parfois difficile, et même dangereux, de circuler après la nuit tombée (à cause du faible éclairage des routes et de l'état parfois chaotique de certaines rues), de nombreuses activités sont concentrées sur le dimanche, qui est également le seul jour officiellement chômé de la semaine. 

La messe commence... l'affluence en ce dimanche était assez faible, car en raison de la fête de Pchum Ben, tous les paroissiens originaires de province sont repartis dans leur famille.
La messe commence... l'affluence en ce dimanche était assez faible, car en raison de la fête de Pchum Ben, tous les paroissiens originaires de province sont repartis dans leur famille.

(1) "Lokru" est un mot qui veut dire "Monsieur le Professeur" : c'est comme cela que je l'appelle. De même "Néakru" veut dire "Madame la Professeur". Au Cambodge, on doit toujours s'efforcer de donner à chaque personne le bon "appellatif" qui dépend de son sexe, de son âge par rapport à nous, de son âge aussi par rapport à l'âge de nos parents... C'est assez subtile... peut-être ferai-je un article à ce sujet dans quelques temps !