Seigneur, apprends-moi à espérer

Espérer, c’est respirer.

La Bible nous enseigne que l’homme naît du souffle de la vie que « Yahvé lui a soufflé dans les narines. » « Celui qui renaît du souffle est libre comme le vent », nous murmurent les évangiles. Le souffle ? Nul ne sait d’où il vient ni où il va : il est ce qui nous emporte plus loin que le présent.

Seigneur, transforme-moi en être mobile, curieux de respirer un air toujours différent.

Espérer, c’est marcher.

Marcher est une merveille qui dit que nous ne sommes pas attachés à un milieu donné, que nous cherchons toujours notre chemin. Nous n’arrêtons pas de changer, éprouvant que nous n’advenons à nous-mêmes qu’en nous dépassant toujours.

Seigneur, donne-moi de repartir à nouveau et à nouveau.

Espérer, c’est être en route.

Nous ne sommes pas arrivés et nous cherchons encore le but. L’homme n’est ni d’ici, ni d’ailleurs. Il est entre deux, il advient sans cesse. Nous sommes des migrants.

Seigneur, apprends-moi à aimer cette grande migration qu’est la vie.

Espérer, c’est désirer.

C’est-à-dire vivre dans le monde comme si nous ne pouvions nous résoudre à en rester là. Nous ne sommes jamais satisfaits des demeures établies. Où que nous habitions, nous regardons plus loin, vers des futurs.

Seigneur, cultive en moi l’énergie du désir.

Espérer, c’est imaginer.

L’homme n’est jamais tout à fait là où ses pieds le posent. Il est plus grand que ce qu’il est. Celui qui espère peut traverser des murs.

Seigneur, éveille en moi l’inimaginable de ta Parole.

Espérer, c’est être pétri d’avenir.

Notre histoire ne cesse de nous attendre. Pour devenir ce que nous ne sommes pas. L’homme part pour être lui-même. Et il ne devient qu’à la condition de savoir passer. Nul ne se trouve que s’il accepte de se perdre.

Seigneur, fais-moi passer, traverser, aller de moi vers l’autre.

Espérer, c’est faire confiance en l’avenir.

S’en remettre « à la grâce de Dieu », c’est-à-dire être par ce qui vient, par les autres, par les événements. Espérer, c’est accepter de se laisser faire et de naître en toute rencontre. Celui qui espère ose s’en remettre à l’autre. L’espérance est un geste qui nous engage dans une partie risquée dont nul ne sait l’issue.

Seigneur, devant toi, avec toi, je dis « oui » à l’inconnu de la vie.

Jean-Yves Baziou

Seigneur, donne-moi...

Seigneur, donne-moi d’accepter avec sérénité ce que je ne peux changer,

donne-moi le courage de changer ce qui peut l’être,

et donne-moi d’être assez sage pour voir la différence.


Fais que je me contente de vivre un jour à la fois ;

que je jouisse du moment présent;

que j’accepte les difficultés comme le chemin qui mène à la paix ;

que j’accepte, comme Tu le fis toi-même, ce monde pécheur comme il est,

non pas comme je le voudrais ;

que je m’en remette à Toi qui feras toute chose bonne si je m’abandonne à Ta Volonté.


Donne-moi d’être assez heureux dans cette vie

et de connaître dans la vie à venir le bonheur suprême d’être avec Toi pour toujours.

Amen.

Reinhold Niebuhr

Seigneur et maître de ma vie

Seigneur et maître de ma vie,

Ne m’abandonne pas à l’esprit de paresse,

de découragement, de domination

et de vain bavardage.

Mais fais-moi la grâce, à moi, ton serviteur,

de l’esprit de chasteté, d’humilité, de patience et de charité.

Oui, Seigneur Roi, accorde-moi de voir

mes fautes, et de ne pas condamner mon frère,

ô toi qui est béni, dans les siècles des siècles.

Prière de Carême de St Éphrem le Syrien

Seigneur, pourquoi m'as-tu dit d'aimer ?

Seigneur, pourquoi m’as-tu dit d’aimer tous mes frères les hommes ?

J’ai essayé, mais vers Toi je reviens effrayé...

Seigneur, j’étais si tranquille chez moi,

je m’étais organisé, je m’étais installé.

Mon intérieur était meublé et je m’y trouvais bien.

Seul, j’étais d’accord avec moi-même.

A l’abri du vent, de la pluie, de la boue.

Pur je serais resté, dans ma tour enfermé.

Mais à ma forteresse, Seigneur, tu as découvert une faille,

Tu m’as forcé à entrouvrir ma porte,

Comme une rafale de pluie en pleine face,

le cri des hommes m’a réveillé ;

Comme un vent de bourrasque, une amitié m’a ébranlé ;

Comme s’insinue un rayon de soleil, ta grâce m’a inquiété

... et j’ai laissé ma porte entrouverte, imprudent que j’étais.

Seigneur, maintenant je suis perdu !

Dehors, les hommes me guettaient.

Je ne savais pas qu’ils étaient si proches ;

dans cette maison, dans cette rue, dans ce bureau ;

mon voisin, mon collègue, mon ami.

Dès que j’eus entrouvert, je les ai vus, la main tendue, le regard tendu,

l’âme tendue, quêtant comme des mendiants aux portes des

églises.

Les premiers sont rentrés chez moi, Seigneur.

Il y avait tout de même un peu de place dans mon cœur.

Je les ai accueillis, je les aurais soignés,

je les aurais cajolés, frisés, mes petites brebis à moi,

mon petit troupeau.

Tu aurais été content, Seigneur, bien servi, bien honoré,

proprement, poliment.

Jusque-là, c’était raisonnable...

Mais les suivants, Seigneur, les autres hommes,

je ne les avais pas vus, les premiers les cachaient.

Ils étaient plus nombreux, ils étaient plus miséreux,

ils m’ont envahi sans crier gare.

Il a fallu se resserrer, il a fallu faire de la place chez moi.

Maintenant, ils sont venus de partout,

par vagues successives, l’une poussant l’autre, bousculant l’autre.

Ils sont venus de partout, de la ville entière,

de la nation, du monde ; innombrables, inépuisables.

Ils ne sont plus isolés, mais en groupes, en chaîne, liés les uns aux autres, mêlés, soudés, comme des morceaux d’humanité.

Ils ne sont plus seuls, mais chargés de pesants bagages ;

bagages d’injustice, bagages de rancœur et de haine,

bagages de souffrance et de péché...

Ils traînent le Monde derrière eux,

avec tout son matériel rouillé et tordu,

ou trop neuf et mal adapté, mal employé.

Seigneur, ils me font mal ! Ils sont encombrants, ils sont envahissants.

Ils ont trop faim, ils me dévorent !

Je ne peux plus rien faire ; plus ils rentrent,

plus ils poussent la porte et plus la porte s’ouvre...

Ah ! Seigneur ! ma porte est toute grande ouverte !

Je n’en puis plus ! C’est trop pour moi ! Ce n’est plus une vie !

Et ma situation ?

Et ma famille ?

Et ma tranquillité ?

Et ma liberté ?

Et moi ?

Ah ! Seigneur, j’ai tout perdu, je ne suis plus à moi :

Il n’y a plus de place pour moi chez moi.

Ne crains rien, dit Dieu, tu as TOUT gagné

Car tandis que les hommes entraient chez toi,

Moi, ton Père,

Moi, ton Dieu,

Je Me suis glissé parmi eux.

Michel Quoist

Seigneur, quand je suis affamé

Seigneur, quand je suis affamé,

Donne-moi quelqu’un qui ait besoin de nourriture.

Quand j’ai soif,

Envoie-moi quelqu’un qui ait besoin d’eau.

Quand j’ai froid,

Envoie-moi quelqu’un à réchauffer.

Quand je suis blessé,

Donne-moi quelqu’un à consoler.

 

Quand ma croix devient lourde,

Donne-moi la croix d’un autre à partager.

Quand je suis pauvre,

Conduis-moi à quelqu’un dans le besoin.

Quand je n’ai pas de temps,

Donne-moi quelqu’un que je puisse aider un instant.

Quand je suis humilié,

Donne-moi quelqu’un dont j’aurai à faire l’éloge.

 

Quand je suis découragé,

Envoie-moi quelqu’un à encourager.

Quand j’ai besoin de la compréhension des autres,

Donne-moi quelqu’un qui ait besoin de la mienne.

Quand j’ai besoin qu’on prenne soin de moi,

Envoie-moi quelqu’un dont j’aurai à prendre soin.

Quand je ne pense qu’à moi,

Tourne mes pensées vers autrui.

Ste Teresa de Calcutta

Seigneur, voici encore quelques heures de ma vie

Seigneur,

Voici encore quelques heures de ma vie

qui viennent de passer.

Une journée de plus : tu sais, toi, ce qu’elle a été,

Moi, je ne le sais pas très bien ;

Mais, je te le demande,

Eclaire-la de ta lumière.

Je veux me tourner vers toi,

Je veux me rappeler ce que tu attendais en moi

et retrouver ma vraie liberté en osant dire :

« Aujourd’hui tu m’appelais Seigneur,

Ai-je prêté attention à ta volonté,

Ai-je répondu à ton amour ? »,

 

Seigneur, pardonne-moi,

J’ai vécu machinalement,

Je ne me souviens de rien.

Donne-moi la force de me souvenir

Pour que mes jours

Ne s’écoulent pas comme l’eau,

Ne s’échappent pas comme une fumée.

Donne-moi de vivre pleinement, Seigneur,

Puisque tu me donnes la vie.

Fais que ma vie ne soit pas consumée

De façon éphémère,

En vain, pour rien,

Mais qu’elle s’inscrive

dans l’éternité de ton amour.

Cardinal Jean-Marie Lustiger

Serviteur du Christ consolateur

Le jour de saint Évariste, pape et martyr, je m’étais levé vers trois heures du matin, et je trouvai beaucoup de dévotion, selon la bonne intention et les profonds désirs qui m’en étaient inspirés, à prier pour les besoins des autres en évoquant successivement les chrétiens, les Juifs, les Turcs et les païens, les hérétiques, et aussi les morts. J’avais à l’esprit toutes les misères des hommes, leurs faiblesses, leurs péchés, leurs endurcissements, leurs désespoirs et leurs larmes, les désastres, les famines, les épidémies et les angoisses, etc., et d’autre part, pour y remédier, le Christ rédempteur, le Christ vivificateur, illuminateur, secourable, miséricordieux et compatissant, Seigneur et Dieu; je le priais, avec toute la force de ces noms, de daigner venir au secours de tous les hommes.

Je souhaitais alors et je demandais, avec grande dévotion et comme avec un sentiment tout nouveau, qu’il me soit accordé d’être enfin le serviteur et le ministre du Christ consolateur, d’être le ministre du Christ qui secourt, qui délivre, guérit, libère, enrichit et fortifie, afin que je puisse, moi aussi, par lui, venir en aide à beaucoup, les consoler, les délivrer de leurs maladies, les libérer, les fortifier, leur apporter la lumière, non seulement en matière spirituelle mais encore, si cette audace et cette espérance sont permises en Dieu, de façon matérielle, avec tout ce que la charité peut faire pour l’âme et le corps de n’importe lequel de nos frères.

Pierre Favre, in Memorial, journal spirituel

Sois ma lumière

Seigneur Jésus,

Inonde-moi de Ton Esprit et de Ta Vie.

Prends possession de tout mon être

Pour que ma vie ne soit

Qu’un reflet de la Tienne.

 

Rayonne à travers moi, habite en moi,

Et tous ceux que je rencontrerai

Pourront sentir Ta présence auprès de moi.

En me regardant, ils ne verront plus

Que Toi seul, Seigneur !

 

Demeure en moi et alors je pourrai,

Comme Toi, rayonner,

Au point d’être à mon tour

Une lumière pour les autres.

 

Ainsi ma vie deviendra

Une louange à Ta gloire,

La louange que Tu préfères,

En Te faisant rayonner

Sur ceux qui nous entourent.

 

Par la plénitude éclatante de l’amour

Que Te porte mon cœur.

 

Amen

Bx Cardinal John-Henry Newman

Souffrance et confiance

J’ai mal Seigneur

tout va de travers

je n’ai plus le moral

Olivier m’a laissé tomber.

                        J’ai mal Seigneur

                        Sandrine, la copine de ma sœur,

                        vient de mourir d’un cancer

                        Comment peux-tu permettre cela.

J’ai mal Seigneur

mes parents se sont encore disputés

j’ai si peur que ça tourne

à la catastrophe.

                        J’ai mal Seigneur

                        à la maison, on ne m’écoute pas

                        on s’en fiche de moi

                        je n’en peux plus.

Toi aussi, Seigneur, Tu as eu mal pendant ta vie d’homme

Tu as pleuré la mort de ton ami Lazare

Tu as crié ton angoisse au mont des Oliviers

Tu as connu la solitude, tes amis t’avaient laissé tomber.

Et pourtant à chaque fois, tu as osé dire ta souffrance à ton Père, Tu as osé avec une confiance folle t’en remettre totalement à sa volonté. On t’a mis sur les épaules une croix, Tu l’as portée jusqu'au bout et pourtant il y avait de quoi te révolter, fuir... Mais non, malgré toute ta détresse, Ton amour du Père et des hommes, Ta confiance, étaient trop forts pour refuser.

Ô Seigneur Jésus, j’ai mal mais avec Toi, je me tourne vers Ton Père pour crier ma souffrance avec confiance, pour me laisser aimer.

Apprends-moi à ta suite à vivre la volonté de Notre Père.

Anonyme

Souvent, Seigneur...

Souvent Seigneur, je me retrouve comme perdu et délaissé, et sans personne qui pense à moi.

Mais toi, tu viens, tu te penches, tu me prends dans tes bras, comme on ferait pour un enfant ou un grand malade.

Ô Seigneur, sois béni, fais que je lève un peu les yeux pour découvrir que tu es proche, que tu es là, et que vraiment, tu m’aimes malgré mon indigence.

Paul Aymard, moine à la Pierre-qui-Vire

Symbole de Nicée-Constantinople

Nous croyons en un seul Dieu Père Tout-Puissant, créateur du Ciel et de la Terre, de toutes les choses visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, l’unique engendré, qui a été engendré du Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait, qui à cause de nous les hommes et à cause de notre salut est descendu des cieux, s’est incarné de l’Esprit Saint et de la Vierge Marie et s’est fait homme ; a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, a souffert et a été enseveli, est ressuscité le troisième jour selon les Écritures et est monté aux cieux, siège à la droite du Père et reviendra en gloire juger les vivants et les morts ; et son règne n’aura pas de fin ; et en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui procède du Père, qui avec le Père et le Fils est coadoré et coglorifié, qui a parlé par les prophètes ; en une seule Église, catholique et apostolique. Je confesse un seul baptême pour la rémission des péchés ; j’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir. Amen. »

Ce texte exprime l’essentiel de la foi chrétienne.

Sa version définitive a été rédigée par les évêques réunis à Constantinople en 381.

Les différentes Églises chrétiennes s’entendent sur ces formulations.