L'église Sainte Marie-Madeleine de Forcé

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Feuillet de visite de l'église de Forcé
Feuillet en 3 volets pour visiter l'église de Forcé
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La construction

L’église de Forcé est dédiée à Sainte Marie-Madeleine mais ce sont les reliques de Saint Placide, 2e patron de la paroisse qui y furent honorées jusqu’à la Révolution. L’“assemblée” avait d’ailleurs lieu le 2e dimanche de mai, jour de la fête de ce saint.

L’édifice primitif du XIIe ne comportait qu’une nef romane et c’est au XVe siècle que furent plaqués les deux contreforts d’angle au pignon ouest. Au XVIIIe siècle furent construits le chœur et les deux chapelles en forme de transept dédiées l’une à la Sainte Vierge et l’autre à Saint Joseph. Elles renferment chacune un retable en tuffeau et en marbre de Saint-Berthevin. Le décor est néo-classique, réalisé pour l’essentiel d’éléments « plaqués » en staff et plâtre : pilastres à chapiteau corinthien, moulures et corniches à modillons (éléments de soutien d’une corniche) et un plafond en plein cintre surbaissé en plâtre sur lattes.

La charpente originelle fut alors tronquée dans sa partie supérieure afin de surbaisser son faîtage sensiblement au niveau de celui du chœur. Une couverture à très faible pente coiffe les deux versants d’origine pour, par cet artifice, donner une volumétrie égale au reste de l’édifice.

La fin du XIXe siècle voit plusieurs campagnes de travaux menées à bien : reconstruction du chœur en 1837 (dirigée par Frédéric Ricosset) dans le goût de l’époque Louis-Philippe, modification des ouvertures latérales du transept et de l’entrée principale des jambages moulurés en tuffeau. Le fronton porte cette inscription : « Deo Optimum Maximo sumptibus D. Jacquot 1840 » (grâce aux dons de). La grande sacristie actuelle date de 1895. C’est aussi à cette époque que, comme dans beaucoup d’églises de la Mayenne, la voute en bois avait été recouverte de plâtre.

Une nouvelle rénovation en 1985 a permis de redonner à la nef sa voûte primitive en lambris de châtaignier et de remettre le transept et le chœur dans leur état de 1840. À cette occasion, le Père Saget, curé de la paroisse, écrivit : « La nef est terminée et la voûte a dépouillé son revêtement de plâtre pour revenir à son état primitif : poutres et lattes de bois apparaissent à nouveau, les murs ont retrouvés leur pureté et l’harmonie de l’ensemble ne peut échapper au visiteur, sitôt la porte franchie » 

 

La chaire à prêcher

La chaire (en haut de la nef à droite) est très particulière, puisqu’elle est en fonte, peinte et dorée. Le Père Saget raconte : « Pour établir une chaire qui fût en harmonie avec les autres décorations de l’église (suite à la restauration de 1837), le curé alla à Paris pour y choisir une chaire qui fût d’un style léger et approprié au peu d’étendue de la nef. N’ayant pu réaliser ce projet, il fait l’acquisition de panneaux, de frises, espérant trouver à Laval, l’ouvrier et les matières nécessaires à l’achèvement de l’œuvre. Heureusement il trouva un fondeur habile nommé Petithomme qui comprit son plan et fondit toute la rampe de l’escalier et les autres accessoires. » 

Un tableau est encadré dans la partie haute de la chaire : « Saint François Xavier prêchant les infidèles ». À la fin du XIXe siècle, l’Abbé Angot note durement dans son dictionnaire à propos de ce tableau : « Le tableau […] est peut-être la meilleure toile qui existe dans nos églises rurales et c’est un malheur que la partie supérieure en ait été odieusement retouchée par Mlle Pillet » !

Le banc seigneurial

Dans le transept gauche (chapelle de la Sainte Vierge) on trouve un banc seigneurial, réalisé vers 1780 pour Jean Le Clerc de la Jubertière, qui acheta la Seigneurie de Forcé cette année-là. Le droit seigneurial conférait au seigneur des “prééminences d’église”, parmi lesquelles était le Droit de banc ou d’escabeau avec accoudoir. L’ouvrage porte les initiales J L C entrelacées surmontées d’une couronne de comte avec ornements de style Louis XVI. 

Les tableaux

Outre le tableau de la chaire que nous avons déjà évoqué, on trouve dans l’église plusieurs œuvres picturales :

  • « Adoration des Mages » : dans la nef à gauche. L’auteur de ce tableau du XVIIIe siècle n’est pas connu. Il a été offert à la paroisse de Forcé en 1839 par M. Louis Martin, négociant à Laval. Selon le Bulletin de la commission historique et archéologique de la Mayenne, il proviendrait de l'Hôtel Dieu de Laval. L’Abbé Angot note que ce tableau « n’est pas sans mérite » !
  • « Vierge à l’Enfant » : dans la nef, à droite.
  • « Vierge à l’Enfant » : dans le chœur, à droite. Tableau du XIXe siècle, don de la famille de Waresquiel.
  • « Sainte Marie-Madeleine » : au centre du chœur, au-dessus la porte de la sacristie. Œuvre de Mlle Pillet.

Le cimetière

Comme c’était le cas auparavant pour toutes nos églises de village, l’église de Forcé est toujours entourée de son cimetière. De récents travaux permettent désormais aux personnes à mobilité réduite d’accéder plus facilement à l’église. 

Qui était Sainte Marie-Madeleine ?

Elle est considérée comme « l’apôtre des Apôtres », car elle est la première à rencontrer le Christ ressuscité, et à prévenir les disciples. Elle était devenue disciple de Jésus après qu’il l’eut délivrée de 7 démons.