Paris Match | Cambodge : étrangers dans leur pays

Cambodge : étrangers dans leur pays (Benjamin Filarski/Paris Match=
Cambodge : étrangers dans leur pays (Benjamin Filarski/Paris Match=

Louise Audibert | Publié le 16/01/2019 à 03h00

 

Bannis des Etats-Unis après leur sortie de prison, ces Cambodgiens se retrouvent dans un pays qu’ils ne connaissent pas. Depuis 2002, une loi sur la double peine permet l’expulsion de résidents permanents américains, et l’administration Trump accélère la cadence. Paris Match a rencontré certains de ces déportés à Phnom Penh.  

 

Quartier de Tuol Tom Pong, Phnom Penh, un soir de mai. Aux abords du marché russe où s’entassent les stands de street food, Kay-Kay, figure emblématique de la communauté des déportés, a ouvert, il y a quelques années, le Cool Lounge. Dans ce petit établissement, le Cambodgien tatoué des pieds à la tête accueille régulièrement les expulsés de l’Oncle Sam. L’un des murs est recouvert d’une énorme fresque représentant Phnom Penh : « Ce sont les enfants du quartier qui l’ont peinte », précise-t-il. Au fond du bar, un grand écran diffuse des clips de rap américain, et la poignée de clients présents chantent les paroles dans un anglais parfait en trinquant. « Comme on a passé la majeure partie de notre vie aux Etats-Unis, on se parle plus en anglais qu’en khmer, même si on le maîtrise aussi », lance l’un d’eux.

 

Lire la suite

#017 Lundi matin 14/01/2019

Vue du pont métallique qui enjambe le Tonlé Sap pour relier Phnom Penh à Chrui Changvar, et de quelques maisons flottantes.
Vue du pont métallique qui enjambe le Tonlé Sap pour relier Phnom Penh à Chrui Changvar, et de quelques maisons flottantes.

Bonjour à tous,

 

Quelques mots ce matin pour vous donner quelques nouvelles sur la semaine écoulée. Au passage, merci à celles et ceux qui viennent lire ce que je vous partage, et qui ont la gentillesse de me le dire !

 

Cette semaine, je retiens principalement trois faits marquants : les retrouvailles avec Vivien, mes premières messes de semaines célébrées entièrement (ou presque) en khmer, et ma première "tournée" de visites à domicile pour porter la communion aux malades de la paroisse.

Lire la suite

La Croix | Au Cambodge, la culture sous surveillance

Le danseur khmer B Boy Slick à Phnom Penh, en février 2017. / Jérémie Lusseau/HansLucas
Le danseur khmer B Boy Slick à Phnom Penh, en février 2017. / Jérémie Lusseau/HansLucas

Eléonore Sok-Halkovich (à Phnom Penh)

 

Les autorités ont interdit la diffusion de plusieurs chansons pop donnant une « mauvaise image » du pays. Le contrôle de la culture populaire s’intensifie à mesure que le pays s’ouvre aux influences étrangères.

 

« Les ouvriers n’ont pas été payés à temps, ils ne peuvent pas rendre visite à leurs familles, et se contentent de leur téléphoner les yeux plein de larmes », chante Mao Hachi, dans Ma terre natale me manque pour Pchum Ben. Une chanson sortie en 2017 à l’occasion de la fête des défunts, Pchum Ben, qui durant trois jours fériés offre une rare occasion aux travailleurs de rentrer dans leurs provinces natales.

 

 

Lire la suite

Fides | ASIE/CAMBODGE - La famille, signe d’amour pour la société en vue du Mois missionnaire extraordinaire

S.Exc. Mgr Olivier Schmitthaeusler MEP, Vicaire apostolique de Phnom Penh
S.Exc. Mgr Olivier Schmitthaeusler MEP, Vicaire apostolique de Phnom Penh

Phnom Penh (Agence Fides)

« Au cours de cette année 2019 que ferons-nous pour pouvoir voir des choses belles et nouvelles ? Nous entrons dans l'Année consacrée à la famille et en juin prochain, nous vivrons un grand rassemblement diocésain de familles. En octobre, il y aura une mission spéciale au cours du Mois missionnaire extraordinaire voulu par le Pape François, au cours de laquelle nous réfléchirons sur la manière dont nos familles peuvent être des signes de l'amour de Dieu pour tous au sein de notre société ». C'est ce qu'affirme à l'Agence Fides S.Exc. Mgr Olivier Schmitthaeusler MEP, Vicaire apostolique de Phnom Penh, en rappelant certaines expériences vécues au sein de sa communauté et projetant l'action pastorale tout au long de l'année 2019.

 

Lire la suite

L'Humanité | Cambodge. La mainmise de Hun Sen sur l’économie et... les syndicats

1 200 travailleurs du textile en grève ont été licenciés vendredi. Seuls les syndicats progouvernementaux ont droit de cité. La création d’entreprise est elle aussi soumise à la corruption et à l’appartenance politique.

 

Au Cambodge, la négociation a des airs d’ultimatum. Vendredi dernier, 1 200 travailleurs de l’industrie du textile en grève ont été licenciés sans autre forme de procès. « On nous a dit de retourner à nos postes. Sinon, la société résilierait nos contrats sans compensation », explique Bun Samnang, un représentant des travailleurs de l’usine de vêtements W&D. Leur arrêt de travail s’inscrit dans un mouvement social d’ampleur démarré il y a une semaine dans le secteur de l’habillement. Ils réclament le paiement de leurs indemnités d’ancienneté et de départ pour les salariés en fin de contrat. Après avoir bloqué d’importantes artères de Phnom Penh, les ouvriers ont ensuite occupé leurs usines, déterminés à ne pas céder aux pressions patronales. « Nous n’acceptons pas cela parce que nous pensons que la société ne paiera pas notre indemnité d’ancienneté. En fait, nous avons peur de perdre nos emplois, mais nous n’avons pas le choix », précisait, la semaine dernière, Bun Samnang. Des menaces similaires semblent avoir été proférées dans l’ensemble des usines concernées. À Seduno Investment Cambo Fashion, seule une centaine de travailleurs auraient regagné leurs postes. La mise à pied des grévistes est loin d’être une nouveauté au Cambodge. En 2013, 415 travailleurs d’une usine sous-traitante de Nike avaient subi le même sort. Huit responsables syndicaux avaient quant à eux été jeté derrière les barreaux.

 

Lire la suite

Libération | Cambodge, le réveil amnésique d’un pays

 En quelques années, Koh Pich est devenu le QG de la jeunesse de Phnom Penh. (Photo Morgan Fache. Item)
En quelques années, Koh Pich est devenu le QG de la jeunesse de Phnom Penh. (Photo Morgan Fache. Item)

Par Arnaud Vaulerin, envoyé spécial à Phnom Penh — 6 janvier 2019 à 20:16

 

A l’image de sa capitale, Phnom Penh, le royaume, qui commémore ce lundi les 40 ans de la fin du génocide khmer rouge, est en pleine transformation. Mais malgré les progrès économiques, les inégalités s’accroissent, tandis que la mémoire des crimes de l’ancien régime communiste est reléguée au second plan.

 

On pourrait commencer ici l’histoire du Cambodge d’aujourd’hui. Sur le pont Monivong qui enjambe la rivière Bassac à Phnom Penh. Il y a quarante ans, c’est par cette route nationale 1 que sont entrées les forces vietnamiennes dans la capitale cambodgienne. Au moins 110 000 combattants expérimentés et équipés venaient chasser les Khmers rouges, responsables de la mort d’au moins 1,7 million de personnes entre avril 1975 et janvier 1979, l’un des pires génocides du XXe siècle.

 

Lire la suite

Challenges | Le Cambodge célèbre les 40 ans de la fin du régime des Khmers rouges

Le Premier ministre cambodgien Hun Sen (C) salue durant une cérémonie marquant le quarantième anniversaire de la chute du régime des Khmers rouges, à Phnom Penh le 7 janvier 2019 (AFP - TANG CHHIN Sothy)
Le Premier ministre cambodgien Hun Sen (C) salue durant une cérémonie marquant le quarantième anniversaire de la chute du régime des Khmers rouges, à Phnom Penh le 7 janvier 2019 (AFP - TANG CHHIN Sothy)

Des dizaines de milliers de Cambodgiens se sont rassemblés lundi dans un stade de Phnom Penh pour célébrer le quarantième anniversaire de la chute du régime des Khmers rouges, une grand-messe orchestrée par l'inamovible Premier ministre Hun Sen.

 

"Aujourd'hui, nous célébrons cette cérémonie afin de raviver le souvenir ineffaçable des crimes les plus haineux du régime de Pol Pot", a déclaré Hun Sen, lui même ancien Khmer rouge.

 

Ces maoïstes radicaux imposèrent aux Cambodgiens quatre années de souffrances et de persécutions entre 1975 et 1979 qui ont fait quelque deux millions de morts.


Lire la suite

La Dépêche | Michel Serres: "Personne ne sait comment nous sortirons de la crise des Gilets jaunes"

Infatigable voyageur de la pensée, auteur prolixe dont la vingtaine d’ouvrages interroge la société sur ses évolutions, Michel Serres, 88 ans, philosophe-visionnaire sur les grands bouleversements du monde et de notre temps, ne s’était encore jamais exprimé sur les Gilets jaunes. Pour le penseur, « ce mouvement est le résultat du déséquilibre que je perçois violemment depuis 20 ou 30 ans entre la société telle qu’elle est advenue et les institutions telles qu’elles sont demeurées, entre l’Homme nouveau et sa représentation politique désuète ». Il mise sur une inéluctable sortie de crise mais se dit incapable d’en dessiner les contours.

 

Lire la suite

#016 Lundi matin 7/01/2019

Nous voilà donc entrés dans cette nouvelle année 2019 ! Quand je repense à tout le battage qui avait été fait pour le passage à l'an 2000 ! C'est tellement loin maintenant !

 

Pour moi, comme je l'écrivais dans mon précédent message, le changement d'année s'est fait à Sihanoukville, sur la côte cambodgienne, au bord du golfe de Thaïlande, alors que j'y ai pris une semaine de repos... enfin, pas seulement de repos ! Je vais revenir un peu sur ces jours passés à Sihanoukville et les environs, pour compléter ce que j'ai pu déjà dire trop rapidement.

 

J'ai donc eu en effet la joie de pouvoir suivre le P. Son, curé de la paroisse, dans différents déplacements pour aller célébrer Noël avec lui et les communautés chrétiennes locales dont il a la charge. En superficie, le secteur pastoral qu'il anime est le plus grand du diocèse de Phnom Penh. C'est donc dans les communautés chrétiennes de Boeng Ta Prom (que je connaissais déjà un peu pour l'avoir visitée en 2017), de Koh Kong et de Srè Ambel que j'ai pu célébrer Noël et rencontrer un peu les paroissiens.

Lire la suite

Eglises d'Asie | Le tourisme d’Angkor Wat ne profite pas aux pauvres

Aux portes de Siem Reap, dans le nord-ouest du Cambodge, se tiennent les temples de l’immense complexe d’Angkor, dont l’ancien temple d’Angkor Wat, symbole du pays, inscrit au patrimoine de l’Unesco. Le site attire plus de deux millions de touristes par an. En 2017, ses revenus ont augmenté de 108 millions de dollars. Malgré tout, les habitants de Siem Reap et des villages alentour profitent peu de cette manne touristique, et le pays est toujours l’un des plus corrompus en Asie.

 

Quand la mère de Por Pisey est tombée malade, son père s’est vu obligé de revendre leur bétail. Il n’y a désormais plus que quelques poulets et quelques chiens dans leur jardin. Les vaches et les buffles qui assuraient leurs revenus ne sont plus là. « Nous sommes tellement pauvres que nous n’avions pas d’autre choix que de les vendre pour pouvoir payer les frais de l’hôpital », explique-t-elle. Por Pisey, 22 ans, vit et travaille à Siem Reap, dans le nord-ouest du pays. Le site est connu comme l’entrée vers le vaste complexe d’Angkor et l’ancien temple d’Angkor Wat. Ce dernier, symbole du Cambodge et principale destination touristique du pays, est inscrit au patrimoine de l’Unesco et attire plus de deux millions de touristes par an. Pourtant, malgré les revenus du tourisme, la plupart des habitants de Siem Reap et des villages alentour vivent dans la pauvreté. Seul un petit groupe de privilégiés bénéficie des temples et de l’industrie touristique qui les entoure. Assise devant la petite maison de bois familiale, Pisey explique que depuis quatre ans, elle travaille pour un hôtel où elle nettoie les chambres et assure le service du petit-déjeuner. Elle travaille huit heures par jour pour seulement 120 dollars par mois. « J’aimerais être payée au moins 150 dollars », espère-t-elle. « Cela faciliterait les choses pour ma famille. Pour l’instant, nous sommes tous dans le besoin et ma mère est toujours à l’hôpital. »

 

Lire la suite