Ouest France | En Mayenne, un synode de deux ans pour bâtir l'avenir de l'Église

Article de Alan LE BLOA, publié le 21/05/2018

 

Ce lundi 21 mai s’ouvre un synode qui va durer deux ans. À l’issue de cette période de « communion », l’évêque de Laval, Mgr Thierry Scherrer, annoncera des orientations pour organiser la vie de l’Église.

Samedi, en la cathédrale de Laval, Mgr Thierry Scherrer, évêque de Laval, a célébré une messe qui a rassemblé 700 personnes, parmi lesquelles des prêtres, des responsables des paroisses, des représentants des communautés religieuses… Ce lundi s’ouvre un synode qui s’achèvera à Pontmain en 2020, pendant la fête de la Pentecôte. L’évêque de Laval y annoncera des orientations qui organiseront la vie de l’Église. En quatre questions, on explique en quoi consiste ce synode.

Le diocèse de Laval a lancé dimanche un synode. C’est quoi ?

Une longue période « de communion » et d’ouverture au cours de laquelle l’évêque « se donne les moyens » et le temps de l’écoute. « J’ai décidé que nous vivions un synode pour donner des orientations au diocèse pour les années à venir. Mais pour cela, j’ai besoin de vous tous. Je vous donne la parole. Prenez-la, chacun a quelque chose à dire. » Cette invitation lancée par l’évêque de Laval coïncide avec les célébrations de la Pentecôte. Le synode est une grande « consultation générale des catholiques ». Initié samedi soir à Laval, et dimanche dans les paroisses, ce « grand moment de respiration » va durer deux ans.

Quel est l’objectif du synode ?

Il s’agit avant tout de « préparer l’avenir de l’Église en Mayenne, son organisation, son service », résume le père Luc Meyer, secrétaire du synode. De « l’ajuster à un monde qui bouge » en « collectant la matière », la réalité religieuse du diocèse, au plus près du terrain. « Pratiquant ou non, chacun pourra dire ce qu’il attend de l’Église, comment il la voit dans les années à venir. Tous ensemble, nous allons réfléchir pour avancer. Marcher pour ouvrir des nouveaux chemins de joie », poursuit l’évêque.

 

Une assemblée synodale, constituée « de 150 personnes environ », définira des orientations nourries par ces contributions. Des orientations seront votées en mars 2020, et promulguées par l’évêque, à Pontmain… Pour la fête de la Pentecôte.

Quel est le thème de ce synode ? Comment sera collectée cette parole ?

« Tu as du prix à mes yeux, annonce Mgr Thierry Scherrer. Tu comptes pour moi. Ce que tu vis me touche. Ouvrir des chemins de joie c’est aller à la rencontre de l’autre, celui qui est différent, qui ne nous ressemble pas. C’est tendre la main aux petits, aux abandonnés, à ceux qui sont les parias, les mal-aimés de notre société. » Ce principe alimentera les échanges articulés autour de trois assemblées synodales. La dernière se déroulera en mars 2020 à Pontmain.

 

L’assemblée délibérera pendant trois jours, dans la basilique, qui lui sera intégralement consacrée. Pour collecter la parole, des groupes de cinq à sept personnes sont invités à se constituer, dans toutes les paroisses, autour d’un référent. « Tout le monde peut créer une équipe. » Pour s’inscrire « rendez-vous sur le site Internet du diocèse ou écrivez au secrétariat du synode », invite la maison diocésaine.

En quoi cette démarche est-elle rare ?

Un synode d’une telle ampleur « est une première en Mayenne », souligne Mgr Thierry Scherrer. Les deux derniers ont été tenus en 1940 et en 1951. Ils ont duré trois jours. Les statuts synodaux promulgués en 1940 par Mgr Richaud se penchent sur le clergé, le culte divin, le denier du culte. À l’issue de celui de 1951, on s’intéresse notamment aux laïcs, à la légion de Marie, au scoutisme, aux sociétés sportives, à la presse catholique… Pendant deux ans, entre 2015 et 2017, l’évêque de Saint-Brieuc et de Tréguier, Mgr Moutel, a présidé un synode au cours duquel 10 000 pages fournies par 1 000 équipes ont été dépouillées. Au final, 36 orientations ont été votées.